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Collages

L’origine du collage est assez banale dans la mesure où à l’époque les toilettes étaient dans les jardins. Il y avait toujours des bouts de journaux et de magazines coupés et fixés à un clou pour pouvoir s’essuyer le cul. Et pour passer le temps, je les lisais. A l’époque, les gens gardaient beaucoup les journaux et les magazines. A part la texture et la couleur du papier, c’étaient les mêmes types d’histoire, l’actualité ne changeait pas profondément. Je prenais de vieux magazines, genre Ons land (sorte de version flamande du Patriote illustré), je faisais des collages avec cela.

Quand je lisais je ne voyais aucune progression, le futur était le passé. Les conflits restaient les mêmes, il n’y avait que les noms qui changeaient. Tout revient tout le temps. Les voitures changent mais il y a toujours une nana à côté d’une bagnole. Le temps est arrêté. J’en ai pris conscience via le collage et les chiottes. L’imagerie est figée. L’imagerie fige le temps et fige notre vie.

Je voyais la vie comme un tourbillon sans fin. Mes collages je les désigne sous la dénomination globale de « Future ». En fait, c’est passé – présent – futur. Un sentiment que tout passe et tout s’en va, une sorte de grande foire avec des gens qui se prennent très au sérieux et se retrouvent le lendemain dans la page de nécrologie. Mes collages sont à l’arraché, tous les événements sont au même niveau, on pourrait parler de graphisme automatique.

La vie est un collage. Ce sont des couches superposées comme dans l’oignon de Nougé. Rien ne change vraiment, on a beau arracher, c’est toujours la même chose qui apparaît. Après j’ai employé le collage comme provocation, mais ce sera dans les années 70.

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© 2018 Jan Bucquoy

Par Linéale