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Le musée de la Femme

Le musée du slip, je l’ai fait comme gag et la presse entière en a parlé. J’aurais pu faire cela toute ma vie. Entrée gratuite, j’offrais le café et les biscuits. Comme j’étais dans cette idée de représentation, je me disais que ce qui m’intéressait le plus au monde ce n’est pas l’art, la philosophie ou le foot. C’était les femmes ! Ce qu’il fallait préserver à tout prix, c’était les femmes. Vu qu’elles étaient en train de disparaître, en devenant comme les hommes, je voulais montrer les femmes à l’ancienne. Le projet a été très critiqué car il y avait des classifications fortes : femme indigène, femme enfant, femme bête, la vierge, femme enceinte, femme réglée, etc. Toutes les femmes étaient habillées, sauf une, la femme nue. Bien évidemment, il y avait une place pour moi : l’homme à femmes. Au total : treize femmes et un homme !

 

Toute la semaine j’avais un projet : amener les femmes pour qu’elles s’exposent. C’était cela le travail du directeur du musée : trouver les femmes qui acceptent de s’exposer dans son musée. Ce n’était rien d’autre que l’objectif réel de l’homme : chercher sa compagne. En dehors de cela, il n’y a pas de réel projet. Tout ce qu’on fait autour, ce ne sont que des plumes pour séduire la femme, ce ne sont que des apparats.

J’estimais qu’on avait perdu cette lucidité là et que la perversion n’était rien d’autre que le détournement de la base même de la stratégie de la vie : conquérir l’autre le sexe. Depuis, en Europe, les femmes ont repris leur liberté et le musée n’a plus sa raison d’être. Elles s’exposent jour et nuit là où elles en ont envie. Dans d’autres contrées, tout reste à faire. La lutte continue et ce n’est pas gagné.

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© 2018 Jan Bucquoy

Par Linéale